Crises et progrès s’excluent-ils l’un l’autre ?

Intuitivement, nous avons tendance à ressentir que ces deux situations, crises et progrès, s’opposent et par suite s’excluent l’une l’autre. Mais la question mérite d’être analysée au-delà de notre premier ressenti. Cette analyse peut être abordée par le biais d’un algorithme logique simple. S’il y a crise et absence de progrès ou si, inversement, il y a progrès sans crise, alors la réponse à la question est oui, les deux situations s’excluent l’une l’autre. A contrario, s’il n’existe ni l’un ni l’autre ou si crises et progrès coexistent voire sont liés l’un à l’autre, alors la réponse sera non. Les deux notions ne s’excluront pas dans ces cas là.
Nous disposons de siècles, voire de millénaires d’histoire pour analyser la disjonction ou la conjonction de ces deux phénomènes. En pratique, démontrer la cohabitation historique entre crises et progrès suffira pour conclure, d’autant que ces scénarios sont les plus intéressants à observer. Pour aller plus loin, nous envisagerons de possibles liens de causalité, simultanés ou atemporels, créant des interactions entre les contextes de crise et de progrès. Mais au préalable, nous essaierons de préciser ce qui constitue ou définit ces deux situations qui impactent en permanence notre vie quotidienne, particulièrement dans notre temps moderne.

Une crise résulte du déséquilibre d’un système dont l’état passe de relativement stable vers une situation d’entropie majeure, voire de chaos. Dans cette optique, il faut considérer en tant que système tout organisme vivant, tout phénomène en mouvement ou tout ensemble d’organismes interagissant entre eux. Ainsi, un être humain est à lui seul un système biologique en interaction avec son environnement. La météorologie est un phénomène constituant un système. Et les sociétés humaines sont elles-mêmes des organismes interactifs, des systèmes structurants qui résultent de la création des entités virtuelles qui nous font vivre ensemble et en lesquels nous croyons. Les systèmes juridiques, économiques, sociaux sont en effet basés sur la confiance que nous choisissons collectivement d’accorder aux idées de nations, de démocratie, de systèmes politiques, de monnaie, ou en quelque idéologie que ce soit. Ce sont, par nature, des organisations informationnelles, nécessairement complexes et, en réalité, imaginaires.

Ces entités créées par l’humanité n’existent pas dans le monde physique naturel. Nous vivons en fait dans ce que nous pouvons appeler une virtualité effective : un artefact mental et collectif ayant des effets concrets sur nos réalités perçues individuellement. On a ainsi pu constater récemment comment une société américaine en crise du fait de ses divisions tentait, suite à des élections chaotiques, de rester soudée sur la seule base d’un document imaginé et écrit il y a plus de deux siècles, la Constitution et, très accessoirement, sur la croyance en la Bible et plus prosaïquement sur le dollar.

Or, en tant qu’entités virtuelles devenues extrêmement complexes, les sociétés humaines sont des systèmes particulièrement sensibles aux déséquilibres, un rapport de force donnant l’avantage à un moment donné à l’une de ses composantes ou de ses sous-systèmes au détriment des autres. Et c’est ainsi que naissent les crises car l’ordre imaginaire qui est le fondement de nos sociétés est fait autant de promesses que de menaces. Tant que nous avons confiance en ses valeurs, nous pouvons fonder une société stable et prospère basée sur la coopération. Mais éviter la défiance pour maintenir cette organisation virtuelle en lui évitant d’être en crise requiert beaucoup d’attention et des efforts acharnés. Ce qui implique une volonté mobilisant des énergies et par suite un prix à payer. Ce prix n’est pas forcément matériel, économique ou monétaire. Il peut être social, culturel, géopolitique, identitaire… Ce principe de contrepartie est aussi universel que la loi de conservation de l’énergie. Il met en œuvre une force essentielle et néguentropique, organisatrice, de notre espèce : la volition, la volonté en action, quand celle-ci s’exerce de façon collective.

Le progrès est le résultat de cette force là, et de bien d’autres encore comme l’imagination, la curiosité, l’ambition, le hasard et surtout la coordination d’intelligence et de ressources et ceci depuis des millénaires. Il a encore bien d’autres caractéristiques.

  • Il se construit sur des synergies et des coopérations. Les changements majeurs qu’il induit nécessitent l’association de la science et de ses applications technologiques, de l’économie et de la normalisation politique, géopolitique et juridique. Notons que cette association n’a coopéré efficacement qu’avec l’avènement du très controversé capitalisme global. Pourtant, plus encore que la dissuasion nucléaire, c’est le progrès économique qui nous a installé dans une relative paix globale depuis 75 ans en permettant à la croissance d’apporter un supplément de richesses à partager sans nécessairement guerroyer.

  • Même s’il est rapide, le progrès n’est pas pour autant linéaire. Certaines progressions dans une technologie donnée peuvent s’interrompre, le temps d’être remplacée par une nouvelle. La Loi de Moore, du nom de l’un des fondateurs d’Intel, prévoyait un doublement de la puissance des processeurs tous les 18 mois. Elle a été valable plus de 30 ans avant d’atteindre ses limites. D’autres principes technologiques doivent alors être mis en œuvre jusqu’à l’avènement probable de l’informatique quantique. De fait, nous subissons actuellement une crise d’incertitude due à de complexes transitions technologiques et énergétiques. Quand de nombreuses solutions s’envisagent en même temps, aucune ne s’impose vite.

  • Le progrès est cumulatif et résulte de couches successives de connaissances, souvent formées à leur origine de théories réfutées ou confirmées par l’observation, l’expérimentation et l’analyse a posteriori. Ces strates de connaissance forment l’une des pierres angulaires de notre conscience collective. C’est donc d’information dont on parle et quand celle-ci circule vite, le progrès s’accélère. Mais remarquons que l’information peut être corrompue, erronée, biaisée, déformée et qu’elle ne représente un socle de réalité objective qu’en fonction de l’objectivité de son utilisateur.

  • Le progrès est de fait souvent contesté. Nous avons tendance à le considérer suivant des normes occidentales mais il n’est pas perçu ni reçu par tous de la même manière. Ce qui est progrès pour les uns est régression pour les autres. Le progrès est en fait hétérogène dans l’espace et dans le temps. Il naît et se développe dans certains milieux et ne concerne pas toute la population mondiale simultanément.

  • Il est protéiforme et touche tous les domaines sociétaux et culturels et, de fait, il est censé avoir réponse à tout. Par suite, toutes les problématiques nous apparaissent aujourd’hui comme techniques, y compris la faim, la pauvreté voire la mort, et logiquement toutes les solutions se doivent donc être techniques. En ce sens, il fait fonction de nouvelle religion puisqu’il rassemble un savoir toujours plus complexe. En 1620, l’énoncé de Francis Bacon dans son Novum Organum « Savoir, c’est pouvoir » a vite été érigé en nouveau paradigme des temps modernes. Le test d’utilité de la connaissance a été la transformation de la science en pouvoir.

Pour toutes ces raisons, le progrès est intrinsèquement la cause de nombreux déséquilibres et, par suite, de crises. Cela ne le condamne en rien, car nous verrons qu’il est aussi porteur de solutions.

Considérons pour cela ce que nous dit l’histoire et observons d’abord que le progrès a résulté de la constatation et de l’acceptation de notre ignorance. C’est elle qui a caractérisé les temps modernes débutés au tournant du 16 ème siècle, après une certaine année 1492. En reconnaissant notre ignorance, tout dogme, idéologie ou religion a ainsi pu être remis en question. Par suite, chaque progrès dans la connaissance a ébranlé progressivement les croyances qui prévalaient jusque là, engendrant parfois des crises profondes. Et pour cause, toute le savoir était auparavant contenue dans les textes sacrés thésaurisés par les tenants des cultes car l’esprit humain, à défaut de certitudes issues de la connaissance, a toujours eu besoin de s’attacher à des croyances voire à s’y aliéner. En s’y arc-boutant, des dichotomies profondes se sont créées et ont nourri nombre de conflits culturels ou cultuels. Les progrès dans la connaissance, nés d’informations nouvelles, ont causé des crises majeures dans les ordres et équilibres issus de croyances anciennes.

  • Ainsi, avec Darwin, Copernic et Hubble, qui ont resitué l’homme dans l’univers et son histoire, les religions ont dû subir des désaveux majeurs susceptibles de faire vaciller les bases de leurs dogmes. Pour partie, elles ont dû adapter leur narratif pour résister tant bien que mal aux siècles des lumières et de la connaissance. Beaucoup d’humains ont alors appris à vivre avec les contradictions et compromissions ainsi induites. Citons ici Voltaire qui disait : « Dieu n’existe pas, mais ne le dites pas à mon valet, il me truciderait dans la nuit ». Mais que de morts, encore aujourd’hui, issus de la déstabilisation des systèmes de croyances religieuses confrontés à la réalité des connaissances…

  • La fameuse expédition de James Cook est un bel exemple de synergie. Un astronome, des botanistes, des artistes, des géographes et des zoologues formaient le volet scientifique de l’exploration. Ils sont revenus en 1771 avec des trésors de connaissance, notamment en médecine. Innovateur, James Cook en avait profité pour valider l’hypothèse du Dr James Lind sur la prévention du scorbut qui avait tué deux millions de marins en deux siècles. Il a ainsi eu l’intuition d’embarquer des barils de choucroute avant même que l’on connaisse l’existence de la vitamine C. De cette anecdote de l’histoire est résulté un progrès majeur qui a rendu possible la conquête du Pacifique avec des expéditions au long cours. En conséquence de quoi, les aborigènes australiens ont été décimés à 90 % et les tasmaniens définitivement éradiqués. Certains avaient même choisi la mort pour quitter ce monde moderne qui leur demandait de travailler, d’apprendre à lire et de se convertir. Ces indigènes ont-ils vu là un quelconque progrès ? Pour eux, il s’agissait de la crise la plus définitive qu’ils aient connus en plus de 10 000 ans d’existence.

  • Au début du 20ème siècle, les progrès en mathématiques, notamment de l’école de Göttingen, et en physique avec les théories quantiques et relativistes étaient fulgurants et pour une bonne part concentrés dans les pays alémaniques. Au même moment, au même endroit, naissait le nazisme qui allait provoquer la pire crise géopolitique de l’histoire. Certains physiciens allemands ont fui vers les USA et une course silencieuse à l’arme atomique a commencé, alimentée en ressources gigantesques par l’impériosité de la crise. Le projet Manhattan a abouti à Alamogordo, le 16 juillet 1945, avec l’explosion de la première bombe nucléaire. Oppenheimer l’avait pressenti : l’humanité s’est dotée ce jour-là de la capacité de changer le cours de l’histoire mais aussi d’y mettre fin.

Pendant cette période dramatique, crises autant que progrès ont été intimement intriqués par des relations causales intenses. La crise a accéléré le progrès et le progrès a mis fin brutalement à la crise en tuant, en deux flashes lumineux, plus de 150 000 civils. Les bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 ont conclu la crise géopolitique mondiale, via une catastrophe humanitaire, en y apposant un point final. Et une nouvelle ère a débuté, atomique celle-là, sur laquelle chacun peut poser des regards contradictoires. On peut y voir une guerre froide de 45 ans avec la dissuasion nucléaire ou considérer cette période comme une sorte de paix froide, une Pax atomica, avec en bénéfice une nouvelle énergie décarbonée à la disposition du monde. Ou encore retenir que ce progrès atomique a causé les accidents dramatiques de Three Miles Island, de Tchernobyl et de Fukushima, catastrophes qu’il faut différencier des crises elle-même mais qui parfois ponctuent celle-ci. Une catastrophe n’est pas une crise mais elle peut en être la cause ou la conséquence. Dans ce contexte chaotique, progrès et crises ont formé des boucles de rétroaction endossant tour à tour le rôle de cause et d’effet. Il en est résulté des effets non prédictibles de l’un sur l’autre, des effets secondaires, des effets d’effets et cela sans jamais aucune fin. Et cela s’appelle l’histoire.

  • Dans notre actualité, la crise sanitaire du Covid est la conséquence d’une interaction très ponctuelle et très directe entre l’écosystème naturel et des sociétés humaines profondément interconnectées, d’où une propagation ultra-rapide se traduisant en crise humanitaire, économique, sociale, psychologique et politique. L’information a circulé presque aussi vite que le virus et les coopérations, tout autant que les compétitions, se sont accélérées. Les recherches sur les vaccins à ARN messager, jusqu’ici quasiment théoriques, ont trouvé là l’occasion d’aboutir dans une urgence absolue, devenant ainsi une avancée médicale majeur. Dans le cas de l’événement Covid, les souches du progrès étaient préexistantes à celles du virus et à la crise sanitaire. La recherche scientifique était déjà avancée et l’organisation financière et politique mondiale était constituée et prête à réagir. Ce n’était pas encore le cas lors de la peste noire ou de la grippe espagnole. Aussi grave soit-elle pour des millions d’individus, l’humanité en tant qu’espèce a appris de cette interaction entre crises et progrès. Et apprendre, c’est toujours progresser. « Ne pas gâcher une crise » disait Churchill, car elles sont des opportunités de progrès.

  • Et comment ignorer la relation directe entre croissance économique et croissance démographique ? Depuis 1950, les humains ont gagné en moyenne 25 ans d’espérance de vie, y compris dans pays comme le Yémen ou le Bhoutan. Et depuis 1890, la population globale a été multipliée par 4,6 ; tirée par un PIB mondial qui a crû d’un facteur 50 dans le même temps (*). Les deux croissances peuvent être vues comme les deux faces du même progrès scientifique et technologique. Elles ont été concomitantes et c’est ensemble qu’elles ont provoqué des crises, déjà envisagées en 1972 dans le rapport Meadows du Club de Rome et qui ont pris forme notamment dans une surconsommation dramatique des ressources, un effondrement écologique, des inégalités territoriales et sociales et des flux migratoires intenses.

  • Au 21ème siècle, l’effondrement écologique est la nouvelle et redoutable Némésis que l’humanité devra affronter. Pour la première fois dans l’histoire des temps modernes, tout le système humanité est en prise avec le système nature dont il fait partie et il est actuellement en position largement défavorable. Confiants dans nos capacités et dans l’existence de ses ressources, nous pouvons continuer à croire ou à espérer que nous saurons contrer les forces de la nature et soumettre l’écosystème à nos besoins et caprices. Mais nous savons déjà que les solutions que nous trouverons, car nous en trouverons, auront d’autres conséquences imprévisibles. Nous continuerons ainsi à assister à une course incertaine entre la puissance de l’homme et les crises qu’elle-même provoque, une course bien plus rapide que toute réflexion éthique ou politique, ce qui nous contraint à en être plus spectateurs qu’acteurs.

Selon les théories Gaïa de Lovelock et Margulis, la planète Terre est elle-même un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et qui maintient la planète en harmonie avec la vie. En tant que tel, il a connu d’innombrables crises et évolutions, avec ou sans la présence d’Homo Sapiens et il continuera avec ou sans lui. Certes, nous savons que nous ne maîtriserons jamais Gaïa mais nous avons intérêt à mieux la comprendre et à mieux nous y intégrer. Cette crise écologique nous indique la direction prioritaire pour nos progrès à venir.

La profusion d’exemples que nous offre l’histoire démontre que crises et progrès, non seulement ne s’excluent pas, mais peuvent interagir entre eux aussi bien dans l’espace que dans le temps. Ils sont très souvent les causes de l’un et les effets de l’autre. Et l’un comme l’autre peuvent déséquilibrer des systèmes. Une crise se termine dès que le système retrouve un état d’équilibre, sans que celui-ci ne soit jamais définitif, notamment parce que nous vivons l’ère des mutations les plus rapides de l’histoire humaine.

Au final, l’évolution inclut les progrès autant que les crises. D’ailleurs, si les progrès étaient notés + et les crises notées -, leur somme algébrique formerait le résultat de l’évolution. Ce résultat est précisément ce que nous vivons actuellement.

Et nous pouvons faire ce constat : aucun progrès ne nous a été fatal jusqu’ici par ses conséquences en termes de crises. En fait, ni les progrès, ni les crises du passé n’ont détruit l’humanité puisque celle-ci est aujourd’hui indubitablement plus nombreuse, dominante, riche et sachante que jamais grâce à un rythme de progrès diversifié devenu exponentiel, chaque progrès nourrissant le suivant. Certes, le progrès génère par lui-même ses déchets, ferments de crises futures mais s’il n’empêche pas famines, épidémies ou guerres, il aide à circonvenir les dommages qui souvent en résultent. En dépit des drames et conflits du 20ème siècle, et en grande partie parce que ces crises ont eu lieu, les décennies suivantes ont apporté l’énergie nucléaire, la conquête spatiale, les antibiotiques, les ordinateurs, le féminisme, la décolonisation, la liberté sexuelle et des milliers d’autres avancées hétéroclites considérées généralement comme des progrès.

Les mots clés de cette analyse ont donc été : système, complexité, déséquilibre, accélération, coopération et aussi information. D’ailleurs, à partir d’une information complète, nous pouvons autopsier les crises et les progrès du passé en conscience, donc en connaissance de leurs causes et de leurs effets. Leur anticipation dans le futur est par contre beaucoup plus difficile à appréhender et dépasse souvent notre horizon prédictif. Ainsi, maîtriser les progrès de l’espèce humaine est une quête sous-jacente de notre évolution qui est et restera insuffisamment conscientisée. Rabelais le pressentait déjà en écrivant que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». On pourrait dire aujourd’hui que cette conscience que Bergson décrivait comme « à la fois mémoire et anticipation » est pratiquement impossible dans ce monde accéléré. Qui en effet pourra anticiper les crises qui naîtront de nos progrès en génie génétique, en robotique extensive ou en intelligence artificielle ? Mais aussi prédire les progrès et adaptations qui résoudront ces mêmes crises ? Et si la voie d’une décroissance était la solution d’une réduction des crises, saurait-on prévoir les conséquences de l’inverse du progrès, à savoir la régression, une situation inédite dans l’évolution de notre espèce ? La conscience espérée par Rabelais restera bien théorique puisqu’elle nécessiterait une connaissance partagée collectivement de causes et d’effets largement inconcevables.

Il reste néanmoins que scénariser le futur est une science-fiction nécessaire et saine. Si elle peut-être auto-réalisatrice, une évolution imaginée peut aussi être auto-corrective. Alors, ne jouons pas les Cassandre trop tôt, et positivons en considérant les crises comme autant de signaux d’alerte qui nous donnent la direction des progrès à suivre. Les deux phénomènes sont liés et vivent en osmose à l’intérieur des systèmes que sont les sociétés humaines où ils jouent à la fois les déséquilibristes et les balanciers. Et il n’y a là aucun paradoxe.

(*) Le Monde diplomatique, octobre 2019.

Retour en haut